La scène devait se passer lorsque tu étais en classe de 5ème.

Ton prof de français te faisait étudier une pièce de Molière et en profitait pour expliquer les trois règles du théâtre classique. Ces règles qui imposent que l’histoire racontée se passe dans un lieu unique (unité de lieu), sur 24h (unité de temps) et autour d’une seule intrigue (unité d’action). Si tu t'en souviens... bravo !

Nos auteurs classiques étaient en fait de fins psychologues. En respectant ces règles, ils limitaient en effet notre charge cognitive et créaient des histoires à taille humaine, des histoires taillées pour convenir au fonctionnement naturel de notre cerveau.

A l’inverse, le monde professionnel dans lequel nous vivons actuellement semble avoir été composé par un metteur en scène complètement dément 

1) L’unité de lieu a volé en éclat

Nos bureaux, nos clients ou nos collègues sont disséminés un peu partout en France, en Europe et même dans le monde.

On passe sans transition de sa cuisine à un call avec Singapour. On est à Londres le matin, à Paris le soir et en Bretagne le lendemain (la Bretagne, ça vous gagne !).

2) L’unité de temps s’est volatilisée

A l’heure où j’écris ces lignes, on vient seulement de publier les rapports annuels de l’année passée mais on peaufine déjà le plan stratégique 2024.

On travaille sur des projets initiés par d’autres en 2019 et qui ne seront livrés que dans de longs mois ou années par nos successeurs. Et dans le même temps, on s’astreint à répondre dans l’instant aux tombereaux d’emails et de notifications qui font vibrer nos téléphones.

3) L’unité d’action est oubliée

On multitâche sur mille dossiers en parallèle avec mille interlocuteurs différents.

Et comme le dit (presque) la célèbre réplique d'Emile, "On peut traiter 1000 dossiers avec 1 personne, on peut traiter 1 dossier avec 1000 personnes, mais on peut pas traiter 1000 dossiers avec 1000 personnes"... 

Molière aurait pu nous le dire :

Ceci n'est point sans conséquence 

sur notre bien-être et sur notre éloquence, 

sur notre pensée algébrique 

et nos performances psychologiques

En effet, cet éclatement du moment présent impacte directement et massivement notre performance, notre humeur et notre capacité à construire des relations humaines stables, profondes et nourrissantes.

Alors même que notre cerveau est structuré depuis des centaines de milliers d’années pour vivre de ces relations humaines riches et authentiques.

Les sciences comportementales nous proposent plusieurs outils pour prendre soin de notre cerveau dans ce contexte. En voici trois à mettre en oeuvre immédiatement :

1) Récréons des temps faibles !

En effet, cet éclatement du moment présent impacte directement et massivement notre performance, notre humeur et notre capacité à construire des relations humaines stables, profondes et nourrissantes.

Il est temps de se remettre à parler du foot ou de votre dernière série télé.

2) Développons notre méta-cognition !

La vie moderne tend à déconnecter la vie du cerveau et celle du corps, chacun vivant une vie indépendante de l’autre. Le corps marche dans la rue, la tête est sur Facebook. Il s’agit de rétablir la connexion et l’interaction entre les deux.

Prenons le temps de réunions d’équipes sans ordre du jour. Juste pour le plaisir d’échanger. Ces discussions sociales sont l’oxygène de notre cerveau. Résultats garantis sous trois jours !

Pour cela, rien de plus simple. Prenons quelques minutes chaque jour pour nous concentrer uniquement sur ce que perçoit notre corps : la température de l’air, la matière sous nos doigts, le sol sous nos pieds, les bruits autour de nous… Réunifions-vous !

 

3) Débranchons ! (enfin, après avoir fini ce post)

Le téléphone qui vibre, les mails qui tombent, la télé qui fonctionne, on passe d’Instagram à Youtube et à ses sites favoris. Le cerveau surchauffe à devoir zapper d’une tâche à l’autre. Il devient plus fragile, notre sérénité s’évapore, notre capacité à interagir avec les autres s’effrite. Il s’agit de redonner du calme et de la profondeur à notre pensée.

Prenons 20, 30 ou 60 minutes chaque jour pour nous concentrer sur une seule tâche, en éliminant toutes les autres sources de distraction. Un moyen simple de regagner en efficacité là où le multi-tasking réduit notre productivité d’environ 40% !

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